Définition
Les caractéristiques de la voix de mezzo-soprano
Le terme mezzo-soprano, de l'italien « à moitié soprano », désigne la voix féminine intermédiaire, dont la tessiture se situe entre celle de la soprano et celle du contralto. Son ambitus s'étend le plus souvent sur environ deux octaves, du la grave (la2) au la aigu (la4), même si les rôles les plus dramatiques descendent parfois jusqu'au fa2. Sa caractéristique première n'est pas tant l'étendue, souvent proche de celle de la soprano, que la tessiture et le timbre : la voix de mezzo-soprano s'épanouit dans le medium et le grave, où elle déploie des couleurs chaudes, rondes et enveloppantes.
Il faut ici distinguer deux notions techniques que l'on confond souvent. L'ambitus (ou étendue) désigne l'ensemble des notes qu'une chanteuse peut produire, de la plus grave à la plus aiguë ; la tessiture, elle, désigne la zone où la voix se meut avec aisance et beauté, sans forcer. C'est la tessiture, bien plus que la note la plus haute atteignable, qui définit un type vocal. On distingue d'ailleurs plusieurs sous-catégories de mezzo-sopranos :
- Le mezzo léger (ou Dugazon), clair et agile ;
- Le mezzo lyrique, chaud et souple ;
- Le mezzo dramatique (ou Galli-Marié), le plus puissant, dont le timbre se rapproche du contralto.
La voix de mezzo-soprano et les autres tessitures féminines
Les voix de femme se répartissent classiquement en trois familles, de la plus aiguë à la plus grave : soprano, mezzo-soprano et contralto. La soprano est la voix la plus haute et la plus fréquente, c'est à elle que reviennent presque toujours les rôles-titres, et son ambitus grimpe jusqu'au contre-ut (do5), voire au-delà pour les coloratures. La différence entre une soprano et une mezzo-soprano ne tient pas seulement à la note la plus aiguë : une mezzo peut parfois monter aussi haut qu'une soprano, mais son centre de gravité est plus bas et son timbre plus sombre, là où la soprano brille par sa clarté et son éclat dans l'aigu. À l'autre extrême, le contralto, très rare, est la plus grave des voix féminines, d'une richesse profonde dans le bas du registre. La mezzo occupe ainsi une position centrale qui lui permet, selon les cas, d'aborder certains rôles de soprano comme de contralto.
Comparaison avec les tessitures masculines aigues
Fait remarquable, la tessiture de la mezzo-soprano recoupe en partie celle des voix d'homme les plus aiguës : les contre-ténors. Cette parenté n'est pas qu'anecdotique : les rôles autrefois écrits pour les castrats, ces chanteurs virtuoses de l'époque baroque, sont aujourd'hui le plus souvent confiés soit à des contre-ténors, soit à des mezzo-sopranos. C'est ainsi qu'une mezzo peut incarner des héros baroques comme l'Orfeo de Gluck, ou endosser au 19e siècle les fameux « rôles travestis », ces personnages de jeunes hommes qu'une femme interprète sur scène.
Les mezzo-sopranos passées et actuelles connues
L'histoire du chant lyrique est jalonnée de mezzo-sopranos célèbres. Au 19e siècle, la Française Célestine Galli-Marié entre dans la légende en créant le rôle de Carmen. Le 20e siècle voit s'illustrer des artistes d'exception : l'Espagnole Teresa Berganza, saluée comme l'une des plus grandes de son temps, les Américaines Marilyn Horne et Frederica von Stade, l'Allemande Christa Ludwig ou la Britannique Janet Baker. Aujourd'hui, la voix de mezzo-soprano rayonne à travers des interprètes de premier plan comme la Lettone Elīna Garanča, l'Italienne Cecilia Bartoli, l'Américaine Joyce DiDonato ou la Suédoise Anne Sofie von Otter. La France n'est pas en reste, avec une belle génération de mezzo-sopranos françaises telles que Karine Deshayes, Gaëlle Arquez, Stéphanie d'Oustrac ou Clémentine Margaine.
Présentation du répertoire pour mezzo-soprano
Le rôle de la mezzo-soprano dans l’opéra
À l'opéra, la mezzo-soprano incarne volontiers des figures fortes et ambivalentes. Longtemps cantonnée au second rôle féminin, face à la soprano réservée à la prima donna, elle s'est imposée comme une véritable protagoniste. Elle est tour à tour la séductrice et la rivale, la magicienne et la femme fatale : c'est elle qui prête sa voix à la libre Carmen de Bizet ou à la Dalila de Saint-Saëns. Le mezzo dramatique fait éclater la jalousie d'Amneris dans Aïda ou d'Eboli dans Don Carlos, tandis que le mezzo léger se glisse dans les rôles travestis de jeunes pages espiègles, comme le Chérubin des Noces de Figaro, le Siébel de Faust ou le Stéphano de Roméo et Juliette. Parmi les rôles les plus emblématiques figurent encore Rosine (Le Barbier de Séville), Angelina (La Cenerentola), Charlotte (Werther), Dorabella (Così fan tutte), Azucena (Le Trouvère) ou l'Octavian du Chevalier à la rose.
Les airs connus pour mezzo-soprano, les airs les plus difficiles
Le répertoire regorge d'airs d'opéra pour mezzo-soprano devenus universellement célèbres. La « Habanera » et la « Séguedille » de Carmen, le « Mon cœur s'ouvre à ta voix » de Samson et Dalila, le « Una voce poco fa » de Rosine ou le « Voi che sapete » de Chérubin comptent parmi les pages les plus aimées de l'art lyrique. Certains airs sont réputés parmi les plus difficiles à chanter : les grands airs de bravoure rossiniens, en particulier le « Non più mesta » qui clôt La Cenerentola ou le « Tanti affetti » de La Donna del lago, exigent une agilité vertigineuse, une virtuosité dans les vocalises et une étendue considérable. Dans un tout autre registre, le « O don fatale » d'Eboli met à l'épreuve l'endurance et la puissance dramatique de l'interprète. Ces sommets de la difficulté vocale sont autant de terrains où se révèlent les plus grandes artistes.
Les œuvres pour mezzo-soprano hors opéra
La mezzo-soprano ne règne pas qu'à la scène. Le concert et le récital lui offrent un répertoire immense. Gustav Mahler lui a confié des pages bouleversantes, du Chant de la Terre aux Kindertotenlieder, Berlioz l'a magnifiée dans Les Nuits d'été et La Mort de Cléopâtre, Brahms dans sa Rhapsodie pour alto, Ravel dans Shéhérazade. Le répertoire sacré n'est pas en reste, des grands airs d'alto des Passions de Bach au Stabat Mater de Pergolèse, sans oublier le Requiem de Verdi. À cela s'ajoute tout l'univers intime de la mélodie et du Lied, où la voix de mezzo, dans sa chaleur et sa profondeur, fait merveille.
Un répertoire à découvrir sur medici.tv
Les rôles à découvrir
Pour partir à la rencontre de cette voix, la playliste Magnifiques mezzo-sopranos réunit une sélection idéale de captations. On y retrouve les grands rôles du répertoire, de Carmen à Samson et Dalila, portés par les plus belles voix d'aujourd'hui, ainsi que des récitals et des concerts qui mettent en lumière toute la richesse de la tessiture. Au fil du catalogue, l'amateur pourra aussi bien s'attarder sur un grand air isolé que se plonger dans une production intégrale.
Liste de grandes mezzo-sopranos à découvrir sur medici.tv
La plateforme est le meilleur moyen de découvrir, en image et en son, les plus grandes interprètes de cette voix. La star incontestée du moment, Elīna Garanča, y côtoie des artistes de premier plan comme Joyce DiDonato, Cecilia Bartoli ou les mezzos françaises Karine Deshayes et Gaëlle Arquez. Et parce que l'art lyrique se nourrit aussi de la rencontre des voix, medici.tv permet dans le même mouvement de découvrir les plus grandes sopranos, actuelles comme historiques, et leurs grands airs à écouter sans fin. De quoi se forger, saison après saison, sa propre anthologie des plus belles voix de tous les temps.